
T. 7J : Vous vous êtes
marié un lundi, c'est à cause du théâtre ?
M.S. : Oui, le lundi est le jour de relâche. Le dimanche, je joue en
matinée et le mardi soir, je serai sur scène.
T. 7J : Vous sentez-vous vraiment acteur ?
M.S. : Je crois que je suis meilleur que dans la première pièce que
j'ai interprétée «Bagatelle(s)» grâce à Pierre Mondy qui m'a beaucoup appris. Un
homme qui entre en scène pour chanter ou pour jouer la comédie, c'est à la fois très
différent et très proche. Quand je chante, je bascule dans un personnage qui porte mon
nom mais qui est différent dans son comportement, sa façon de marcher, qui raconte des
histoires pas toujours vraies, construit des petits sketches. L'impératif pour l'un comme
pour l'autre est d'être crédible et audible.
T. 7J : La pièce a-t-elle été adaptée par
Jean-Loup Dabadie sur mesure pour vous ?
M.S. : Jean-Loup me connaît bien. Il a joué sur ma voix, mes colères,
mes obsessions qui sont un peu celles de l'auteur, Neil Simon : l'environnement, le bruit,
la pollution, la bouffe trafiquée, la clim qui ne marche pas. La différence entre Mathew
et moi est que, lorsque la clim ne fonctionne pas, je donne un coup de pied dedans, lui
discute avec l'appareil.
T. 7J : Peut-on être chanteur et acteur en même
temps ?
M.S. : Ce n'est pas facile mais d'autres l'ont fait avant moi. Pour ma
première pièce, le public du music-hall n'est pas venu. Cette fois, je sais qu'il est
là, il arrivera avec ses appareils photo comme à Bercy.
T. 7J : Allez-vous écrire une chanson pour
Anne-Marie Périer ?
M.S. : J'en ai une sur le feu, une chanson clin d'oeil. «Parlez-moi
d'elle», où il est question de sa vie, de l'attirance des femmes pour la beauté, de
notre histoire.
T. 7J : Pourquoi Anne-Marie avait-elle refusé de
vous épouser en 1978 ?
M.S. : Parce que j'étais marié... Ce n'était pas le moment...
T. 7J : A-t-elle hésité longtemps à la deuxième
demande ?
M.S. : Six heures. Je l'ai appelée un matin à son bureau de «Elle» à
10h30. Je ne savais pas qu'elle était à New York et qu'on allait lui basculer la
communication. Et qu'il serait 4h30 du matin pour elle. Evidemment, elle a eu un choc. Je
lui ai dit : «Va te promener dans Central Park et rappelle-moi dans six heures.» Ce
qu'elle a fait pour me dire «oui».
T. 7J : Est-ce important pour vous qu'Anne-Marie
porte votre nom ?
M.S. : Elle portera les deux noms, le sien et le mien, pour que l'affiche
soit en entier. Je tenais à me marier pour qu'Anne-Marie ne se retrouve pas la maîtresse
attitrée. Il me semble que sans ce lien officiel, elle se serait sentie sur un fil, en
visite. Je veux la rassurer, qu'elle soit chez elle.
T. 7J : Vous semblez prendre un virage
déterminant, changer tout.
M.S. : Tout, non. Je voulais vendre ma maison de Neuilly, je la garde
finalement. Je pensais qu'Anne-Marie n'aimerait pas vivre dans une maison qui n'avait pas
été faite pour elle. Mais elle est merveilleuse, grande, avec un jardin immense en plein
Paris où nous pourrons recevoir notre désormais grande famille (six enfants à nous
deux).
T. 7J : Vous dites : «A 52 ans, j'ai envie de me
faire plaisir.» C'est-à-dire ?
M.S. : A cet âge, chaque jour, chaque minute comptent, il faut en
profiter pleinement. Je veux rendre Anne-Marie très heureuse, par tous les moyens,
goûter à tout et savourer.
T. 7J : Avion, bateau, voiture rapide, pourquoi
vous séparez-vous de vos plus beaux «jouets» ?
M.S. : J'ai vendu mon avion très rapide parce qu'il existe en
aéronautique une loi excellente. Il est interdit de piloter en période de divorce ou de
graves difficultés. Je suis pilote d'avion monomoteur et bimoteur, je veux passer le
brevet IFR pour le vol de nuit et le vol aux instruments. Après, je m'offrirai un jet. La
Ferrari, je m'en suis séparé. On m'a retiré mon permis pour trois mois. Excès de
vitesse bien sûr, mais avec ces voitures, comment faire autrement ? J'étais à 220 km/h
en deuxième ! Le bateau, je le garde. J'adore être à la barre, sans marins.
T. 7J : Vous vous faites construire une maison en
Corse. Vous y serez souvent ?
M.S. : Le plus souvent possible. J'ai trouvé un terrain magnifique où
je réalise mon rêve de toujours. Une maison invisible dans une crique face à la mer, le
paradis. Je vais descendre mes parents là-bas, le maire du village m'a donné
l'autorisation de les enterrer au bord de la mer. Chaque fois que je porte des fleurs à
mon père, je me demande ce qu'ils font là, à Nanterre, perdus au milieu des tours.
T. 7J : Allez-vous vraiment acheter un théâtre ?
M.S. : Si cette récompense divine était pour moi, je serais le roi du
monde. J'imagine la tête de mon père si je devenais directeur de théâtre ! Mais on
n'achète pas un théatre comme une boutique. J'en suis au stade de la discussion
prudente. J'ai déjà choisi mon directeur artistique, Jean-Luc Tardieu, qui a accepté de
mettre en scène la première création que je jouerai pour baptiser mon théâtre. Mais
je sais aussi que tout ce que j'ai gagné jusqu'à présent, je vais le perdre dans mon
futur théâtre.
T. 7J : Quand sortira votre prochain album ?
M.S. : En mai 2000. Sept chansons sont déjà prêtes. Je les ai écrites
quand j'allais plutôt mal et, curieusement, elles sont très optimistes, j'ai eu envie
d'écrire une suite à «Bac G» où je désespérais un peu les jeunes. Dans «L'avenir
est toujours pour demain», je leur remonte le moral.
T. 7J : Et Bercy ?
M.S. : En janvier 2001. Puis tournée d'hiver, tournée d'été. Et je
ferai mes adieux à Bercy. Ensuite, je me ménage une surprise... Et à la rentrée 2002,
je devrais être sur «mes» planches. |