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Interview : "C'est ma dernière grande tournée"
Le chanteur se produira à Paris, du 25 avril au 6 mai au Zénith, puis à partir du 1er juin au Palais des Sports. Sa tournée fera halte au Zénith d'Orléans le 28 novembre.

La République du Centre : Vendredi 9 février 2007.


Michel SardouComment abordez-vous cette tournée «Hors Format » ?

C'est ma dernière tournée. Cela fait quarante ans que je suis sur la route et j'ai d'autres projets au théâtre et au cinéma. Ce ne sont pas des adieux, je continuerai de chanter, de faire des disques mais plus de grandes tournées de cent quarante à cent cinquante dates.

Votre titre «Allons danser » défraie actuellement la chronique. On y retrouverait des thèmes de campagne de Nicolas Sarkozy. Comment réagissez-vous à cela ?

De temps en temps je me laisse aller à des prises de position qui m'ont valu, d'ailleurs, des légendes assez tenaces et des étiquettes assez plantées. Contrairement à ce que les gens ont pu penser, «Allons danser » n'a pas de rapport avec l'actualité. Ce titre, je l'ai écrit il y a un an et demi et nous n'étions pas dans la bagarre actuelle. Par cette chanson j'ai simplement voulu montrer le côté répétitif des campagnes et que, quel que soit le camp, on voudrait qu'on nous parle plus concret. C'est une prise de position, une chanson engagée et en même temps dégagée.

Ne craignez-vous pas que votre tournée en soit mouvementée ?

Soyons sérieux, ce ne sont que des chansons et je ne suis pas un fléau. Cette chanson est une position calme. Il fut un temps ou je tendais le bâton pour me faire battre. J'étais plus jeune, et ce que j'écrivais était moins pensé, plus brut de décoffrage. La connerie, c'est qu'en chanson le second degré n'existe pas. Dans les années soixante-dix c'était aussi manichéen, c'était droite gauche, j'étais le seul chanteur de droite et la cible idéale. Je n'incrimine personne, mais avec «Le temps des colonies », non, je ne suis pas colonialiste. «Je suis pour » était quant à elle une chanson engagée, tombée au mauvais moment, avec surtout un mauvais titre. Elle devait du reste s'appeler «La loi du Talion ». Ce sont des conneries que l'on fait à vingt ans et j'en ai pris à juste titre plein la gueule. C'est d'autant plus ridicule que je pense que la peine de mort n'est pas dissuasive.

« Hors Format » semble être votre album le plus intime ? Qu'en pensez-vous ?

Très souvent on me demande si mon dernier album est un bilan. Au rythme où je fais des albums, chacun serait alors un bulletin de santé En tout cas, je me suis permis ici des écarts que je n'aurais pas faits sur un album traditionnel. «L'Évangile selon Robert », carrément techno, par exemple, fait partie de ce que j'appelle des chansons laboratoires. Parmi elles, il y en deux auxquelles je tiens beaucoup dans ce double disque, «Les villes hostiles », et «On est planté », un texte qui parle des sans abris, une réalité qui me choque terriblement.

N'êtes-vous pas tenté d'aller vous installer, comme d'autres, hors de ce pays ?

Le hasard m'a fait naître en France et il n'a pas mal fait les choses. Je ne vais pas me plaindre. J'ai eu le métier que j'ai voulu, j'ai eu la vie que j'ai voulue et des emmerdes comme tout le monde. Bref, ça n'a pas été un chaos sauf pour la vie privée, mais ça, c'est autre chose. J'ai une réussite magnifique et je ne vais quand même pas me barrer, prendre l'oseille et dire merci les mecs. Non, il y a des gens qui sont beaucoup plus malheureux que moi et je ne quitterai pas mon pays pour mon argent.

Pourquoi avez-vous voulu chanter «Le chant des hommes » avec Chimène Badi ?

Cela s'est fait par amitié et parce qu'elle m'a surpris. Je l'ai connue aux Restos du coeur où l'on chantait une chanson de Florent Pagny. Je ramais comme un malade quand, tout à coup, j'ai entendu un avion passer au-dessus de moi. C'était la petite.

Quant au cinéaste Olivier Marchal ?

J'ai beaucoup d'admiration pour lui. J'ai adoré «36 », un des rares films français que je suis allé voir depuis «Le clan des Siciliens ». Il a tourné le clip de «Beethoven » et l'on est devenu très amis.

Serez-vous flic ou voyou dans son prochain film ?

Je ne suis même pas encore revenu de ce qu'il veut me faire tourner. Je ne peux encore rien dire mais je m'attendais à tout sauf à ça...

 

Michel Sardou a sorti chez Universal, le 13 novembre dernier, « Hors Format », un double album de 23 titres qui s'est déjà vendu à 400.000 exemplaires.

Propos recueillis par Jean-Dominique Burtin


Site de Le République du Centre : http://www.larep.com