
SOPHIE TAPIE, 19 ans, et Davy
Sardou, 29 ans, partagent à partir de ce soir, au Gymnase,
l'affiche d'« Oscar », comédie de Claude Magnier autrefois jouée
par Louis de Funès*. Jamais, pourtant, ils n'ont évoqué ensemble
leur patronyme célèbre. « Nos pères ne se connaissent pas, donc
ce n'est pas venu dans la discussion, assure tout naturellement
Sophie. On s'est juste dit qu'ils étaient nés le même jour : le
26 janvier (NDLR : 1947 pour Sardou, 1943 pour Tapie). »
Il faut dire que les deux jeunes gens ont une façon très
différente de vivre leur hérédité.
La célébrité paternelle peut fermer des portes
« J'ai grandi dans les coulisses de Bercy ou du palais des
Congrès, assure Davy. Depuis que je suis petit, je ne me vois
pas faire autre chose que de la scène. » Sophie, elle, est « la
seule de sa famille, avec (son) père » à avoir choisi
cette voie, vers 18 ans. Tous deux, néanmoins, se sont expatriés
pour faire leurs classes. Londres, à 17 ans, pour Sophie. New
York, à 18 ans, pour Davy. La première assume sa tentative
d'émancipation. « J'avais envie de me prouver que ce n'était pas
à cause de mon nom qu'on s'intéressait à moi. » Mais le second
jure avoir juste suivi son « goût personnel pour les États-unis
».
Chacun, depuis son retour en France, trace son chemin sans trop
se soucier de son patronyme. « Si un producteur nous engage pour
notre nom et qu'on ne fait pas l'affaire, on se grille »,
souligne Sophie. « Je ne crois pas qu'avoir le fils de ou
la fille de dans une pièce apporte trois fauteuils de
plus, assure Davy. Mon père remplit les salles, pas moi. » Pour
le jeune comédien, la célébrité paternelle peut même parfois
fermer des portes. « Au théâtre, ça ne m'a jamais posé de
problème. Mais à la télé ou au cinéma, on peut avoir l'air
d'être là pour de mauvaises raisons. »
Si les deux s'avouent « très fiers » de leurs pères, ceux-ci
n'ont pas la même façon de gérer la carrière de leur
progéniture. « Quand je joue une pièce, mon père est comme un
gosse, s'amuse Sophie. Il supplie pour venir voir les
répétitions, il me dit que je suis la plus belle. » Davy sourit
: « La dernière fois que j'étais sur scène, mon père était en
tournée : il est venu au bout de deux mois. Mais ses conseils me
sont toujours précieux. » Ce soir, donc, inutile de chercher
Michel Sardou dans les rangs du Gymnase. Mais Bernard Tapie sera
sans doute le premier à donner la claque.
* « Oscar », au Théâtre du Gymnase,
33, boulevard Bonne-Nouvelle (Paris Xe). Du mardi au samedi à 20
h 45. Places : de 17 à 49 €. Tél. 01.48.65.97.90. |