C’est le spectacle de toute une vie. Certainement le plus
abouti, le plus complet, le plus riche de sa carrière. Dans ses
yeux, la lueur est toujours là, et elle se voit.
Michel Sardou ne peine pas à fendre
l’armure au milieu d’un décor pyramidal magnifié par des ombres
chinoises. Ce qui frappe d’abord, c’est son étonnante aisance
scénique. Un vrai capitaine d’équipe. Inspiré, appliqué et
gonflé à bloc. La voix est parfaitement en place, elle embrase
tout. Des morceaux d’une puissance émotionnelle rare (Les
yeux de mon père, La vieille, On est planté),
d’autres intemporels (J’accuse, Le surveillant général,
Aujourd’hui peut-être), de nouveaux titres impeccables (Allons
Danser, Beethoven), une rythmique enlevée. Aucun
sentiment de monotonie ne se dégage. Chaque chanson clame une
vérité. Sa vérité.
Accompagné par dix excellents
musiciens et cinq choristes, Sardou mixe des ingrédients qu’on
n’aurait pas cru compatibles. Parmi ceux-ci : l’humour. Au cours
d’un mano à mano jubilatoire avec le public, il reprend
(presque) l’intégralité de ses tubes. Et on le sait, son
répertoire est renversant. Une soudaine mise à nu, franche et
directe, comme une respiration. L’inattendue et salvatrice
communion gagne alors la salle du Gayant Expo. Elle laisse même
la fièvre s’installer (Les lacs du Connemara). Michel
Sardou détient l’un des murs porteurs de la maison musicale
française. N’en déplaise aux grincheux.
PATRICE DEMAILLY
Photos du spectacle
de Michel Sardou à Gayant Expo (H. Van Mael pour Nord
Eclair) :
















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