Avec cette troisième
pièce, Michel Sardou réussit pleinement son pari :
entrer par la grande porte dans la véritable famille des comédiens,
comme ses parents. Et la génération suivante est déjà là
pour prendre le relais puisque le fils de Michel Sardou, Davy,
fait également partie de la distribution.
La pièce est actuellement en
tournée en France mais aussi en Suisse et chez nous. À la
rentrée de septembre, elle sera présentée à Paris, au Théâtre
de la Porte Saint-Martin que dirige Michel Sardou.
La complexité de l'espèce
humaine
Dans ce spectacle quelque peu surréaliste, un homme d'une
cinquantaine d'années (Michel Sardou), un soir d'insomnie,
voit débarquer dans son bureau une femme qu'il ne connaît
pas.
Cette femme, habillée de
blanc, c'est sa conscience, interprétée par la toujours
belle et talentueuse, Brigitte Fossey.
Grâce à ce stratagème, Félicien
Marceau explore, sur le ton de la comédie, la complexité de
l'espèce humaine.
L'examen d'une vie
Avec sa conscience, le personnage principal va faire l'examen
de sa vie, se remémorer ses souvenirs de jeunesse, son
premier emploi, ses amours, ses douleurs dont l'une des plus
fortes a été la « perte » de sa fille lorsque
celle-ci s'est mariée.
Pour tenter de la garder, par
amour pour elle, cet homme, qui sait se montrer généreux,
sera capable des pires bassesses…
Et toujours cette conscience,
qui est là, pour « le ramener sur terre » et
l'empêcher d'enjoliver les choses.
L'enfer c'est les autres ?
Grâce à une subtile mise en scène de Jean-Luc Tardieu, le
spectateur revit les moments clefs de l'histoire de cet homme,
qui finit sa vie comme… Président de la République. Mais
cela on ne l'apprend qu'à la dernière minute du spectacle.
Comme l'explique le metteur en
scène, dans cette pièce, en forme de roman théâtre, « férocité
et cocasserie font bon ménage. Un certain esprit cabaret rend
le réquisitoire encore plus implacable. L'enfer c'est les
autres ? Non. L'enfer ce sont nos MOI et leurs
contradictions profondes ».
Le public liégeois a
longuement applaudi la troupe de « L'homme en
question ». Il convient aussi de saluer la
performance réalisée par les comédiens qui ont joué deux
fois cette pièce à quelques heures d'intervalle.
M. Pi.
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