Le roman de Romain
PAR MARIE
AUDRAN.
Le Point
:
9 décembre 2004.
|
Son
bonnet de laine, son visage rond, son enthousiasme pour les
mystères de l'Univers après avoir parlé jeux vidéo... Tout
évoque encore l'adolescence chez Romain Sardou, ce garçon de
30 ans qui vit tantôt en Floride, tantôt à Neuchâtel. A
Paris, il reçoit, près du Crillon, dans un boudoir très
années 30, avec cheminée, velours grenat et bibliothèque,
fréquentée par ce « livrophage » qui dit lire quatre heures
par jour. Car ce « fils de » est avant tout romancier (son
premier ouvrage, « Pardonnez nos offenses »,chez XO, s'est
vendu à 280 000 exemplaires) et autodidacte, amoureux de
théâtre classique.
A 17 ans, fan de « Polyeucte », il
quitte l'école « pour écrire des pièces, comme Corneille et
Racine » et pour lire Schopenhauer, Bergson, des romans
médiévaux, Barjavel, Jules Verne. On les retrouve, en
filigrane, dans son second roman historique, « L'éclat de
Dieu ». Un jeu d'énigmes qui, sur fond de réflexion sur le
temps, mêle pèlerinage des Templiers et voyage en « hypernef
» vers des planètes imaginaires. Deux épopées vécues
simultanément, dans le passé et le futur, par Cosimo, le
héros, « cosmologue », en lutte avec « l'homme en noir » : «
Depuis que j'ai lu « Ivanhoé» , j'ai envie d'introduire
l'homme en noir dans mes histoires », confie Romain, heureux
d'évoquer Walter Scott. « J'aime l'idée d'être un
saltimbanque qui écrit avec les procédés du théâtre, avec
des mots anciens qui plantent un décor comme des costumes.
Je me sens libre en tant que raconteur d'histoires. J'ai
découvert l'objet de la quête de mes Templiers dans le «
Dictionnaire philosophique» de Voltaire, qui définit la «
Borne» , symbole des limites de notre logique. » Un
troisième livre sur le feu ? « J'en écris deux. »
« L'éclat de Dieu », de Romain Sardou (XO, 424 p., 20,90
e). |
|