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Le chanteur Michel Sardou a
publié le 29 janvier 2007 les paroles d'une chanson inspirée
par le projet de Nicolas Sarkozy, en dernière page du
"Parisien".
Pour lui, ce n'est "qu'une chanson", mais la
sortir aujourd'hui, en pleine campagne électorale, "n'est
pas tout à fait fortuit". Michel Sardou a fait publier,
lundi 29 janvier, sur la totalité de la dernière page du
Parisien, le texte d'une de ses dernières mélodies,
intitulée "Allons danser". Le texte manuscrit reprend
quelques thèmes chers à Nicolas Sarkozy. "Dire aux hommes
qui se sont échoués, qu'on peut refaire sa vie plusieurs
fois (...) se prendre en charge et pas charger l'Etat",
résonne comme un écho des discours de campagne du candidat
de l'UMP vantant l'initiative personnelle et l'allégement
des charges de l'Etat. "Dire aux enfants qu'on va changer
l'éducation qu'ils ont, pas celle qu'ils n'ont pas. Ajouter
qu'il faut travailler", continue le texte, reprenant les
leitmotivs du ministre de l'intérieur mettant l'accent sur
la "réhabilitation du travail" et de l'"effort".
Le couplet suivant est tout
aussi fidèle aux thèses sarkoziennes de réduire les droits
acquis au nom de "l'équité" : "Parlons enfin des
droits acquis (...) il faudra qu'on en oublie sous peine de
ne plus jamais avoir de droits", poursuit la rengaine.
"SARDOU A TOUJOURS ÉTÉ À
DROITE"
Pourtant, l'artiste jure que
ce n'est pas une chanson de soutien. "Je l'ai écrite il y
a un an et demi sans Sarkozy pour me tenir la plume. C'est
vrai que c'est une rencontre avec son projet", explique
Michel Sardou. "Nicolas est un homme qui fait ce qu'il
dit. Il dit des choses raisonnables et faisables",
citant la réforme du code du travail ou le recul de l'âge de
départ à la retraite. Et l'interprète de La Maladie
d'amour de s'échauffer : "On vit dans un état
d'assistanat complet, il y en a qui abusent ! On a perdu le
goût de l'effort et les enfants se foutent de l'école. Ils
veulent devenir riches et célèbres. Mais il faut bosser !"
Chez Universal, sa maison de
disques, on s'étonne des questions sur le statut de cette
publication : "Sardou a toujours été à droite. Il n'a
jamais caché qu'il était un ami de Sarkozy", assure
Alexandre Hermann, responsable de sa promotion. Ce n'est
qu'une "publicité", réplique la direction du
Parisien. Le texte n'était pourtant surmonté d'aucun
avertissement au lecteur.
Sylvia Zappi |