
AMBIANCE
Seule déclaration du jour pour
Michel Sardou: «Je n'avais plus porté d'uniforme depuis
mon service militaire. Depuis je n'avais aucune raison de le
faire». Sur le tournage du «Prix de l'honneur»,
actuellement en cours à l'Ecole royale militaire d'Etterbeek,
la star française sait se faire désirer. Il y incarne le rôle
d'un directeur d'un des plus prestigieux établissements de
formations des cadres de l'Armée de l'air.
A la suite d'un drame dont est
victime une étudiante de première année, il accueille avec
appréhension l'arrivée au sein de son école de Marion,
inspecteur de police interprétée par Alexandra Vandernoot,
bien décidée à prendre une revanche sur son passé. Elle
aussi, en son temps, eut à subir les brimades de ses confrères.
«Elle a un traumatisme à évacuer et une revanche à
prendre. Assez partiale au départ, elle va progressivement se
rendre compte qu'elle se trompe», explique la comédienne.
«Marion est terriblement cynique par rapport à l'armée ».
Pour l'heure, la réalisation
du téléfilm, coproduit pour TF 1 et RTL-TVI par la société
Dragon films, entame sa dernière semaine de tournage. Dans
des circonstances internationales tendues, l'équipe de Gérard
Marx, réalisateur du «Prix de l'honneur» s'étonne d'avoir
trouvé pareil accueil au sein de l'Ecole royale militaire.
Surtout après avoir encaissé plusieurs refus cinglants de la
part du ministère de la Défense français. Mieux même, le
ministre Flahaut a délivré l'autorisation de tourner dans
trois sites militaires belges: en plus de l'école
d'Etterbeek, l'armada réunie autour de Michel Sardou et
Alexandra Vandernoot aura aussi posé ses caméras à
Marches-les-Dames et à Tervuren, ainsi que, dans le civil, le
long des étangs d'Ixelles et au grand bal annuel de l'ERM au
Cinquantenaire où, anecdote, des maquilleuses au scripts en
passant par le réalisateur lui-même, tout le monde avait dû
revêtir le smoking, question de ne pas dépareiller dans le
faste de cette soirée prestigieuse. « Quand on m'a dit
que le tournage se passait à Bruxelles, je n'ai pas hésité
une seule seconde à dire oui, même si j'ai été contacté
fort tardivement, il y a un mois et demi, pour prendre le rôle
de Marion », ajoute Alexandra Vandernoot, fort en verve
et réjouie de retrouver la ville de ses débuts. L'actrice
sortait pourtant d'un autre tournage qui l'a requise pendant
plusieurs mois, celui de la saga «Bleu de l'océan». Diffusée
en principe au cours de l'été prochain, celle-ci verra la
Waterlotoise d'origine endosser pour la première fois un rôle
de méchante: « J'ai beaucoup aimé changer de style, mais
je sais que je ne pourrais pas aller trop loin dans ce sens.
Ca irait contre mon éthique personnelle ».
Elle reste ici dans un registre
dont elle est plus coutumière, de l'héroïne en quête de réparation
(«La tramontane», «La maison du bonheur»), mais avec un
autre défi à affronter, celui de la rencontre avec Michel
Sardou, avec qui elle n'avait jamais partagé de plateaux.
Lui-même, il est vrai, n'avait plus tourné pour la télévision
depuis «L'Irlandaise» en 1991. « J'ai été très
amoureuse de lui quand j'avais quatorze ans », confie
l'actrice. « J'avais une image de rock-star distante et
j'ai découvert un personnage charmant, hyperprofessionnel,
patient et travailleur, très humble par rapport à son métier
d'acteur ».
Voilà pour les fleurs lancées
à son partenaire, qui trahissent le sentiment général de la
plupart des quelque 300 figurants officiant dans le téléfilm,
dont la plus grosse part est constituée d'élèves de l'Ecole
royale militaire, qui se sont prêtés avec bonheur au jeu
d'acteur. Autour des deux comédiens, évoluent aussi Michel
Bompoil, Jean-Marie Winling, et pour la composante belge du
casting, Michel Kacenelenbogen, Jean-Michel Vouk, Sacha Kremer...
Diffusion prévue en 2004.
Cédric Petit
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