Index Mailing-list Actualité Discographie Vidéos Biographie
Page des fans En savoir plus Recherche Liens Courrier-FAQ Conception
 

Index: Page des fans: Articles:
 

Archives Presse

Interview : Michel Sardou n'oublie pas
Il revient en chantant, sans polémique, mais pour le seul plaisir : «Je me suis senti libre comme l'air».

Le Journal Du Dimanche : Dimanche 25 avril 2004.

Michel Sardou
A 57 ans, entouré d'ours en tout genre, il aime à se définir comme un "ours sympathique". Et depuis près de quarante ans, le public l'aime bien. Il l'a même élu à la deuxième place de notre sondage des personnalités préférées des français. C'est dire. Michel Sardou fait partie des meubles, entre coups de gueule et coups de coeur. Avec l'âge, il a appris à se confier. Après une pause au théâtre (et avant de jouer L'emmerdeur en 2006), Sardou revient à la chanson. Les télés lui déroulent alors le tapis rouge : Chanson n°1 samedi, Vivement dimanche le 9 mai. Quand son ami Johnny claque la porte d'Universal, lui pousse la porte de cette maison de disques. Et salue le professionnalisme de Pascal Nègre avec lequel il signe Du plaisir, son 21è album.

 

Pourquoi ce titre ?

J'ai pris beaucoup de plaisir à le faire. J'ai accouché de cet album sans douleur, ce qui est assez rare. Je me suis senti libre comme l'air. Et j'ai retrouvé avec toute l'équipe l'esprit de groupe de ma jeunesse.

 

Est-ce La passion du Christ qui vous a inspiré Loin, le premier titre ?

Cette chanson n'a rien à voir avec la religion même si elle a un côté mystique. Elle parle d'un homme qui se dépouille pour mieux se connaître. Nous avons tourné le clip en Argentine, là où le personnage de Robert De Niro dans Mission cherchait sa rédemption.

 

Cet album comporte son lot de chansons d'amour et de désamour. Le bonheur vous rend nostalgique ?

Toute chanson est un peu nostalgique. Mais il est vrai que cet album est plus humain, plus universel. Dans chaque texte, il y a 10% de moi, le reste est un rôle. J'écris pour un personnage.

 

"Le premier amour est toujours le plus fort / Il reste la rive et le port". Est-ce en pensant à Anne-Marie Périer que vous avez écrit Je n'oublie pas ?

(Il sourit.) Une chanson, c'est le public qui se l'écrit. Je lui donne les ingrédients pour qu'il puisse se faire son propre film dans la tête. Il faut qu'il puisse se reconnaître, se retrouver, s'approprier un texte. A contrario, je ne règle pas mes comptes dans une chanson : un texte est trop court.

 

Il y est aussi question de vie et de mort...

Ce n'est pas un album testament, même si j'avais envie d'aborder ces thèmes. Dans Non merci, je voulais prendre le contre-pied de If de Rudyard Kipling : Tu seras un homme, mon fils.

 

Dans Ce n'est qu'un jeu, il est question des paparazzis...

Je les aime bien, avec moi ils se sont toujours bien conduits. Il faut dire que je n'ai jamais été assez con pour aller m'asseoir à une terrasse de café de Saint-Tropez avec une autre femme que la mienne. Je choisirais plutôt d'aller à Dunkerque !

 

A une époque, Guy Bedos disait : "Sardou, il chante juste et il pense faux".

J'ai toujours trouvé très drôle cette critique. J'ai longtemps été un chanteur engagé comme le bourgeois gentilhomme, sans le savoir. J'ai souvent défendu des positions rarement majoritaires dans le milieu : je n'étais pas de gauche. Aujourd'hui, je serais plutôt comme Jean Valjean, au pied de la barricade. Je n'avais pas envie là de me lancer dans une diatribe. La situation générale ne m'inspire pas de la musique...

 

A l'occasion du soixantième anniversaire du Débarquement, le public redécouvrira-t-il votre chanson Les Ricains ?

J'espère que le public va se souvenir qu'ils sont venus. L'Amérique ne se limite pas à George Bush. Les Américains sont nos amis et nos alliés. Et je pense que cet anniversaire est l'occasion de leur donner un coup de main alors qu'ils sont dans la merde en Irak. Un geste de l'Etat français me ferait plaisir.

 

Est-ce votre nouvelle maison de disques, Universal, qui vous a imposé de participer à la Star Ac' l'hiver dernier ?

Ca fait partie du contrat, autrement je ne justifie plus mon salaire auprès de ma maison de disques, qui met le paquet pour mon nouvel album. Il faut le prendre avec philosophie et amusement. Mais ne me demandez pas si ces jeunes ont un avenir, si on les reverra dans vingt ans.

 

En octobre l'Olympia, en février 2005 le Palais des sports. Est-ce parce que Nicolas Sarkozy occupe Bercy que vous avez décidé de changer de salle ?

(Sourire.) Je referai peut être un jour Bercy. Et pourquoi pas comme Bruce Springsteen, seul à la guitare ? En attendant, je ferai en effet ces deux salles, sans donner l'impression de voler le public de l'Olympia.

 

Qu'inspire au directeur du Théâtre de la Porte-Saint-Martin le problème des intermittents ?

Ca ne date pas d'hier. En France, on commence à s'attaquer aux problèmes quand ils sont brûlants. Ca fait quinze ans que celui-ci couve. Ce ne sont pas des mendiants. Pour devenir musicien, il faut douze ans, comme un médecin. Moi aussi, j'ai couru le cachet, je suis un intermittent comme les autres. Je souhaite qu'on trouve un terrain d'entente.

 

En 2000, vous déclariez au sujet de votre ancien parolier Pierre Delanoë : "Nous n'avons jamais vraiment été amis." Au début du mois, il a dit de vous : "C'est un salaud mais il a du talent..."

Je n'ai pas été salaud avec lui, j'ai dit que c'était un con et un aigri. Il n'a eu que des succès. Il vient encore se plaindre. Je maintiens : c'est un con.

 

Votre ami Eddy Mitchell vous reproche d'être enfermé dans votre "île de crétins"...

Il aurait mieux fait de fermer sa gueule ce jour-là. A vouloir faire un bon mot, il ne peut plus poser un pied en Corse.

 

Vous chantez pour la première fois en duo.

Bardot (Didier Barbelivien) m'a écrit La rivière de notre enfance, l'occasion de retrouver Garou et de prouver que deux voix fortes comme les nôtres ne se gênaient pas.

 

Et de rajeunir aussi votre public ?

Je ne cherche pas à écrire pour un public jeune, je ne sais pas faire. Le jeunisme ne m'intéresse pas. Le public aime que je sois sincère.

 

Propos recueillis par Alexandre Dinin


Site du Journal Du Dimanche : En construction