
Michel Sardou a joué
dans son théâtre durant toute la première
partie de la saison. (Photo Mélanie Germond/Le
Figaro.)
Après le
Théâtre de Paris, racheté en 1996 par le
groupe Acanthe Développement, un autre groupe,
Alatalanta, déjà propriétaire du Casino de
Paris, s'intéresse au théâtre de la
Porte-Saint-Martin, repris en main, il y a deux
ans, par Michel Sardou et Jean-Claude Camus. Un
compromis de vente à été signé entre la
direction du théâtre et le groupe.
«Il faut être
lucide, explique Marie-France Mignal,
codirectrice du Théâtre Saint-Georges. Aujourd'hui,
il n'y a plus que des groupes puissants en état
d'acheter ces immenses théâtres qui
nécessitent souvent des travaux et dont l'ordre
de marche est coûteux.» Mais quelles
activités se cachent derrière ces groupes ?
L'inquiétude est réelle dans le milieu
théâtral. La tentation est grande de détourner
la fonction de ces théâtres. «Nous serons
vigilants», explique Luc de Sedano, mais il
ne cache pas la difficulté juridique.
Jacques
Crépineau, directeur de la Michodière, analyse
la situation : «Sans jouer les Cassandre, on
peut dire, sans se tromper, que dans les dix ans
à venir la physionomie du théâtre privé
parisien va changer.»
L'actualité
semble lui donner raison. Il y a de moins en
moins de Volterra, de Popesco, pour prendre en
main d'immenses théâtres. Michel Sardou avec
son associé Jean-Claude Camus ont essayé. Tête
d'affiche de L'Homme en question, de
Félicien Marceau, auprès de Brigitte Fossey,
l'acteur a joué dans son théâtre durant toute
la première partie de la saison. Il n'a
certainement pas dit son dernier mot, et on peut
penser qu'il jouera dans les années à venir L'Emmerdeur,
que Francis Veber retaille à ses mesures,
lui offrant un vrai rôle théâtral, celui
créé à l'écran par Lino Ventura. Mais en
France, tout finit par des chansons, c'est bien
connu, et Michel Sardou reprendra bientôt le
chemin de l'Olympia.
Marion Thébaud
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