FOREST Si tu ne viens pas au ministre, le ministre ira à
toi. Surtout si tu t'appelles Michel Sardou.
Pour faire, hier soir, de Michel Sardou, 58 ans dont
quarante de chanson, un nouvel officier de l'ordre de la
Couronne, notre ministre de la Coopération et du
Développement, Armand De Decker, a déplacé son cabinet à
Forest National pour une petite cérémonie qui s'est déroulée
moins de deux heures avant l'entrée en scène du chanteur
pour le cinquième gala de sa tournée, à Bruxelles.
Le ministre a retracé la carrière du nouvel officier,
qu'il voit d'abord comme l'interprète de grandes chansons
d'amour, mais qui a insisté aussi sur le caractère engagé de
Michel Sardou («Même si son engagement a été différent et
qu'il n'a pas fait toujours dans le politiquement correct»).
Dans sa réponse, Michel Sardou s'est souvenu de ses
débuts bruxellois, en 1966, à l'Ancienne Belgique:
«C'était un théâtre où tout artiste se devait de passer.
Moi, j'y passais en tout début de première partie. Mais je
n'oublierai jamais que c'est ici que j'ai ressenti le
premier soutien d'un public. Depuis, en Belgique, j'ai
toujours eu, en face de moi, des gens qui écoutaient les
mots. Nous sommes au pays de Brel, au pays des mots qui,
ici, sont souvent assez rudes et assez étonnants, mais qui
ont fasciné la France.»
Un petit aveu pour la fin: «Je suis très fier parce
que j'adore collectionner les médailles. C'est ma faiblesse
de vieillard, maintenant».
Le chanteur a remercié le ministre et s'est tourné aussi
vers la bourgmestre de Forest, Corine De Permentier:
«Elle est née le même jour que ma femme».
Dans quatre jours, la tournée de Michel Sardou s'achève.
Sa prochaine priorité: un album promis pour le mois de mai.
Eddy Przybylski