
BRUXELLES
«La dernière fois où j'ai porté un uniforme, c'était
fatalement pendant mon service militaire. Depuis, je n'avais
plus aucune raison de le faire.»
Cette fois, c'est en tenue
rutilante d'officier de l'armée française, sous le grade de
colonel, que Michel Sardou se promène dans les allées de l'Ecole
royale militaire de Bruxelles. Le chanteur est en Belgique
depuis deux semaines pour le tournage d'un téléfilm, Le
prix de l'honneur, coproduit par la société de Franco
Dragone, Drago Films, et par TF 1.
Bien que tournée chez nous,
l'action est censée se passer en France. Les plaques
d'immatriculation des tout-terrain et les uniformes que les héros
croisent dans les différentes cours de l'école militaire en
attestent. Sardou, donc, y incarne le directeur d'une école
militaire dans laquelle une étudiante de première année,
Sophie, est trouvée morte. Une capitaine de police, Marion, mène
l'enquête. Sous les traits de notre compatriote Alexandra
Vandernoot. Jadis, elle avait été étudiante dans cette école.
A la suite d'un bizutage qui avait failli tourner au drame,
elle avait voulu crier au scandale et on lui avait fait
comprendre gentiment que tout irait mieux pour elle si elle
quittait ces études.
C'est donc avec une rancoeur et
quelques préjugés que cette femme devenue policière
retrouve cette cour et ces locaux militaires.
L'équipe doit encore tourner
à Tervuren puis, jeudi et vendredi, à Marche-les-Dames, au
centre d'entraînement pour paras-commandos. Alors, le
tournage sera définitivement terminé.
Ce tournage qui fut perturbé...
par la neige tombée vendredi matin. Mais surtout par la
guerre en Irak, ainsi que le raconte Stéphane Lhoest, le
producteur exécutif: «Grâce au cabinet du ministre de la
Défense nationale, nous avions toutes les autorisations pour
tourner sur trois sites militaires. Mais la guerre a commencé
à la veille du tournage et les sites militaires sont
passés sous code Bravo. C'est-à-dire que la surveillance
devenait beaucoup plus stricte. Avec badges et tout. Je dois
dire que nous avons un peu paniqué. Mais le lendemain,
heureusement, le code habituel, Alpha, était rétabli.»
Le prix de l'honneur
devrait être diffusé, avant la fin de l'année, sur RTL-TVI
et sur TF 1.
Eddy
Przybylski
|
"J'avais
ses posters dans ma chambre"
La comédienne
belge heureuse de travailler avec l'idole de
son adolescence
BRUXELLES
Les officiers qui déambulent dans les allées
de l'Ecole royale militaire se saluent en se
croisant. Une femme habillée de clair apparaît
soudainement. Un tout-terrain kaki ralentit à
sa hauteur. Un militaire lui tend un pli: un
rapport d'autopsie! Dans le fond, un peloton
de jeunes recrues qui marchent au pas.
Exercice de drill!
Ce sont
d'authentiques soldats de l'armée belge, des
étudiants de la prestigieuse école, qui,
ici, sont déguisés en faux soldats de l'armée
française. Explication de la production: «Nous
avons engagé 800 figurants pour ce téléfilm.
Mais nous n'avions ni le temps ni les moyens
de leur apprendre le drill. Nous avons donc
demandé la participation de jeunes militaires
qui sont formés à cette technique de marche.»
C'était donc
la scène tournée ce lundi, juste avant le
repas de midi. Et à table, Alexandra
Vandernoot expliquait qu'on ne l'engagea, pour
ce rôle, qu'un mois avant le début du
tournage: «Mais j'aime les imprévus que
ce métier amène. Une certaine urgence
suscite de l'énergie. Je terminais le
tournage de Bleu Océan, qui est annoncé
comme le téléfilm de l'été, où, aux côtés
de Mireille Darc et de Natacha Amal, je joue
pour la première fois le rôle d'une femme méchante,
quand le réalisateur du Prix de l'honneur,
Gérard Marx, m'a proposé ce rôle. Voici
plusieurs années, j'avais déjà tourné avec
lui un épisode des Justiciers, avec
Richard Bohringer. Le personnage et l'histoire
me plaisaient, mais le fait de revenir pour un
mois à Bruxelles fut un argument décisif.
Cela me permet de revoir mon frère, qui est
professeur de golf. Et ma mère qui vit pour
moitié ici, pour moitié en Yougoslavie et
qui, de temps en temps, vient à Paris garder
mon fils qui aura bientôt 8 ans.»
Les jeunes
soldats les saluaient
Et Sardou? «Il
est charmant, travailleur, patient,
hyperprofessionnel ! J'avais une autre image
de lui, celle de la pop star. Il faut dire que
j'étais très amoureuse de lui quand j'avais
14 ans. Avec mes deux meilleures copines, nous
avions des posters de lui dans nos chambres.
Et cela m'a fait vraiment drôle de tourner
avec lui. La première rencontre s'est faite
à Paris, lors d'une lecture qui réunissait,
autour d'une table, une quinzaine de comédiens
du film. Ainsi, il a rencontré tout le monde
d'un coup et il a fait une lecture vraiment
fantastique. Il a une grande humilité par
rapport au travail d'acteur, qu'il ne fait pas
souvent. En plus, sur le plateau, il a une
paix royale. Et il est ravi d'être là car il
adore la Belgique qu'il connaît très bien.
Il m'a renseigné des restos que, moi-même,
je ne connaissais pas. Il y a aussi cet
uniforme ! Le premier jour, ainsi habillé,
dans la cour de l'école, il marchait en
compagnie d'un autre comédien qui joue un général.
Les étudiants qui les croisaient les
saluaient comme de vrais officiers. Ça les
amusait comme des enfants. Ils en étaient très
fiers tous les deux.»
Sardou, dans
son bel uniforme, a même assisté, samedi, au
grand bal de l'Ecole royale militaire: «On
en a profité pour tourner quelques séquences
du film. Mais, pour respecter le règlement, même
le réalisateur devait être habillé en
smoking et les habilleuses en robes longues.»
Le tournage se
termine pour Alexandra Vandernoot: «Maintenant,
je vais me reposer, m'occuper de ma maison et
surtout de mon fils! Il faut savoir que je
sors de Bleu océan, cinq épisodes qui
ont représenté cinq mois de tournage. Tout
de suite après, il y a eu ce film-ci. C'est
très fatigant. Il faut se lever tôt. Je vous
assure que les après-tournages, c'est - c'est
le cas de le dire! - le régime militaire.
Chambre d'hôtel,
room service, les textes du lendemain à étudier,
puis dodo. A 21 heures 30, c'est l'extinction
des feux.»
|
|