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Colonel Michel Sardou
Le chanteur tourne un téléfilm à Bruxelles. Avec Alexandra Vandernoot pour partenaire.

La Dernière Heure : Mardi 15 avril 2003.

Michel Sardou
BRUXELLES
«La dernière fois où j'ai porté un uniforme, c'était fatalement pendant mon service militaire. Depuis, je n'avais plus aucune raison de le faire.»

Cette fois, c'est en tenue rutilante d'officier de l'armée française, sous le grade de colonel, que Michel Sardou se promène dans les allées de l'Ecole royale militaire de Bruxelles. Le chanteur est en Belgique depuis deux semaines pour le tournage d'un téléfilm, Le prix de l'honneur, coproduit par la société de Franco Dragone, Drago Films, et par TF 1.

Bien que tournée chez nous, l'action est censée se passer en France. Les plaques d'immatriculation des tout-terrain et les uniformes que les héros croisent dans les différentes cours de l'école militaire en attestent. Sardou, donc, y incarne le directeur d'une école militaire dans laquelle une étudiante de première année, Sophie, est trouvée morte. Une capitaine de police, Marion, mène l'enquête. Sous les traits de notre compatriote Alexandra Vandernoot. Jadis, elle avait été étudiante dans cette école. A la suite d'un bizutage qui avait failli tourner au drame, elle avait voulu crier au scandale et on lui avait fait comprendre gentiment que tout irait mieux pour elle si elle quittait ces études.

C'est donc avec une rancoeur et quelques préjugés que cette femme devenue policière retrouve cette cour et ces locaux militaires.

L'équipe doit encore tourner à Tervuren puis, jeudi et vendredi, à Marche-les-Dames, au centre d'entraînement pour paras-commandos. Alors, le tournage sera définitivement terminé.

Ce tournage qui fut perturbé... par la neige tombée vendredi matin. Mais surtout par la guerre en Irak, ainsi que le raconte Stéphane Lhoest, le producteur exécutif: «Grâce au cabinet du ministre de la Défense nationale, nous avions toutes les autorisations pour tourner sur trois sites militaires. Mais la guerre a commencé à la veille du tournage et les sites militaires sont passés sous code Bravo. C'est-à-dire que la surveillance devenait beaucoup plus stricte. Avec badges et tout. Je dois dire que nous avons un peu paniqué. Mais le lendemain, heureusement, le code habituel, Alpha, était rétabli.»

Le prix de l'honneur devrait être diffusé, avant la fin de l'année, sur RTL-TVI et sur TF 1.

Eddy Przybylski

"J'avais ses posters dans ma chambre"
Alexandra Vandernoot
 
La comédienne belge heureuse de travailler avec l'idole de son adolescence

BRUXELLES Les officiers qui déambulent dans les allées de l'Ecole royale militaire se saluent en se croisant. Une femme habillée de clair apparaît soudainement. Un tout-terrain kaki ralentit à sa hauteur. Un militaire lui tend un pli: un rapport d'autopsie! Dans le fond, un peloton de jeunes recrues qui marchent au pas. Exercice de drill!

Ce sont d'authentiques soldats de l'armée belge, des étudiants de la prestigieuse école, qui, ici, sont déguisés en faux soldats de l'armée française. Explication de la production: «Nous avons engagé 800 figurants pour ce téléfilm. Mais nous n'avions ni le temps ni les moyens de leur apprendre le drill. Nous avons donc demandé la participation de jeunes militaires qui sont formés à cette technique de marche.»

C'était donc la scène tournée ce lundi, juste avant le repas de midi. Et à table, Alexandra Vandernoot expliquait qu'on ne l'engagea, pour ce rôle, qu'un mois avant le début du tournage: «Mais j'aime les imprévus que ce métier amène. Une certaine urgence suscite de l'énergie. Je terminais le tournage de Bleu Océan, qui est annoncé comme le téléfilm de l'été, où, aux côtés de Mireille Darc et de Natacha Amal, je joue pour la première fois le rôle d'une femme méchante, quand le réalisateur du Prix de l'honneur, Gérard Marx, m'a proposé ce rôle. Voici plusieurs années, j'avais déjà tourné avec lui un épisode des Justiciers, avec Richard Bohringer. Le personnage et l'histoire me plaisaient, mais le fait de revenir pour un mois à Bruxelles fut un argument décisif. Cela me permet de revoir mon frère, qui est professeur de golf. Et ma mère qui vit pour moitié ici, pour moitié en Yougoslavie et qui, de temps en temps, vient à Paris garder mon fils qui aura bientôt 8 ans.»

Les jeunes soldats les saluaient

Et Sardou? «Il est charmant, travailleur, patient, hyperprofessionnel ! J'avais une autre image de lui, celle de la pop star. Il faut dire que j'étais très amoureuse de lui quand j'avais 14 ans. Avec mes deux meilleures copines, nous avions des posters de lui dans nos chambres. Et cela m'a fait vraiment drôle de tourner avec lui. La première rencontre s'est faite à Paris, lors d'une lecture qui réunissait, autour d'une table, une quinzaine de comédiens du film. Ainsi, il a rencontré tout le monde d'un coup et il a fait une lecture vraiment fantastique. Il a une grande humilité par rapport au travail d'acteur, qu'il ne fait pas souvent. En plus, sur le plateau, il a une paix royale. Et il est ravi d'être là car il adore la Belgique qu'il connaît très bien. Il m'a renseigné des restos que, moi-même, je ne connaissais pas. Il y a aussi cet uniforme ! Le premier jour, ainsi habillé, dans la cour de l'école, il marchait en compagnie d'un autre comédien qui joue un général. Les étudiants qui les croisaient les saluaient comme de vrais officiers. Ça les amusait comme des enfants. Ils en étaient très fiers tous les deux.»

Sardou, dans son bel uniforme, a même assisté, samedi, au grand bal de l'Ecole royale militaire: «On en a profité pour tourner quelques séquences du film. Mais, pour respecter le règlement, même le réalisateur devait être habillé en smoking et les habilleuses en robes longues.»

Le tournage se termine pour Alexandra Vandernoot: «Maintenant, je vais me reposer, m'occuper de ma maison et surtout de mon fils! Il faut savoir que je sors de Bleu océan, cinq épisodes qui ont représenté cinq mois de tournage. Tout de suite après, il y a eu ce film-ci. C'est très fatigant. Il faut se lever tôt. Je vous assure que les après-tournages, c'est - c'est le cas de le dire! - le régime militaire.

Chambre d'hôtel, room service, les textes du lendemain à étudier, puis dodo. A 21 heures 30, c'est l'extinction des feux.»


Site de La Dernière Heure : http://www.dhnet.be/