
Interview
: "Je vis mes passions à 100%"
Il interprète ce soir au
théâtre de Bastia « L'homme en question », une comédie
grinçante de Félicien Marceau
Corse
Matin : Samedi 30 mars 2002.
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Après une « première »
triomphale hier, Michel Sardou se produira de nouveau ce
soir au théâtre de Bastia dans la pièce de Félicien
Marceau « L'homme en question ». Hier, quelques
minutes avant de monter sur scène, il s'est confié à
« Corse-Matin ». Souriant, détendu, cordial, il
a répondu à toutes nos questions tout en sachant créer
une atmosphère très amicale.
Pourquoi avoir choisi cette pièce ?
- Parce qu'il s'agit d'un texte
magnifique qui passe sans cesse de l'humour à l'émotion,
de la légèreté à la gravité, de la détente à la réflexion.
C'est une vraie pièce de boulevard dans le droit fil des œuvres
d'Anouilh et de Montherlant.
Cette comédie grinçante
avait-elle déjà été jouée ?
- Oui, il y a trente ans. Le rôle
que j'interprète était tenu à l'époque par Bernard
Blier.
Que raconte donc « L'homme
en question » ?
- C'est l'histoire d'un quinquagénaire
qui, une nuit d'insomnie, se retrouve face à sa conscience
qui a les traits d'une femme, en l'occurrence Brigitte
Fossey qui est une partenaire à la fois charmante et
talentueuse. Pour savoir qui il est vraiment, elle
l'interrogera alors et l'amènera à revivre les principaux
épisodes de sa vie.
Vous êtes actuellement en tournée ?
- Oui, jusqu'en juin. Et après
un été de vacances que je compte passer dans ma villa de
Zonza, près de Porto-Vecchio, nous jouerons la pièce à
Paris, dès septembre, au théâtre de la Porte Saint Martin
que j'ai récemment acheté.
Votre fils fait partie de la
distribution ?
- Tout à fait et je peux vous
assurer que son talent naissant est très prometteur. Davy a
23 ans et a suivi des études d'art dramatique à New York.
C'est son premier rôle en France. Je compte sur lui pour
prendre la relève et poursuivre la tradition familiale.
Chez les Sardou, vous le savez bien, nous sommes artistes de
père en fils.
Et la Corse dans tout ça ?
- C'est le paradis. Ici, je suis
heureux, vraiment heureux. Et croyez-moi, je ne dis pas cela
par démagogie. J'ai bourlingué dans le monde entier. Eh
bien, aujourd'hui, je laisse aux autres les Bahamas et les
Seychelles. Personnellement, je me sens de plus en plus
Corse et j'aime ça. Tiens, ce soir, en jouant à Bastia,
j'ai comme l'impression d'être un artiste local.
Vos projets ?
- J'ai demandé à Francis Veber
de réactualiser une pièce qui avait été adaptée au cinéma
sous le titre « L'emmerdeur ». Les deux rôles
principaux étaient tenus par Lino Ventura et Jacques Brel.
Je compte jouer le personnage du tueur à gages perturbé
dans ses agissements par un dépressif suicidaire. C'est une
comédie hilarante. C'est fou comme j'ai envie de rire et de
me divertir en ce moment.
A quand un nouveau disque et une
prochaine série de concerts ?
- Sincèrement, je ne sais pas.
Pour le moment, j'ai besoin d'une rupture avec le music hall
pour me consacrer pleinement au théâtre. Je suis un homme
de passion. Il faut donc que je vive à 100 % tout ce que
j'ai envie de faire.
Interview
Jean-Baptiste Croce, Photo G. Baldocchi
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