Producteur français de
musique.
Régis Talar raconte sa
rencontre avec Michel en 1965 chez Barclay : «J'avais
les éditions musicales d'Hugues Aufray. Sardou
est venu me proposer une chanson pour Hugues avec
un guitariste qui n'était autre que Michel
Fugain. On était tous là,
dans mon petit bureau. Sardou chantait, Fugain
l'accompagnait à la guitare. La chanson n'était
pas très bonne, mais on a bavardé. Je
n'imaginais pas du tout qu'il deviendrait ce
qu'il est devenu. Je ne me suis pas dit : ce sera
une vedette. Ce qui m'a plu, c'est qu'il soit
venu comme ça, froidement, me chanter sa
chanson... » (Le
Figaro-Magazine, janvier 1993).
Il est employé en tant que
directeur d'édition chez
Eddie Barclay jusqu'en 1969, date à laquelle Barclay décide
de résilier le contrat qui le lie à Michel Sardou, ami personnel
de Talar. Il préfère suivre le chanteur, et les deux hommes
fondent avec Jacques Revaux
le label Tréma.
Régis Talar est pendant
plusieurs années le directeur général de Trema, label
indépendant qui a longtemps prospéré en raison des excellents
chiffres de ventes de Michel Sardou (ses albums représentent 80%
du chiffre d'affaires de Trema), mais aussi grâce à des
artistes du calibre d'Enrico Macias, Dionysos ou encore
Matmatah.
Au début des années 1990, une
bataille oppose deux maisons de disques pour la reprise de Tréma
: Revaux et Talar revendent leurs parts à Sony, sans en informer
Michel Sardou. Celui-ci lance une procédure devant les
prud'hommes pour se libérer de tout contrat avec Tréma, et
annonce se consacrer désormais au théâtre. Sony, qui ne peut
espérer un disque du chanteur, revend alors Tréma à Sardou et
son producteur Jean-Claude
Camus, qui les céderont à Universal. Les artistes sont
transférés sur les labels Universal (AZ pour la chanson, Barclay
pour le rock) en même temps que l'intégralité du back catalog de
Sardou – un des plus profitables de France.
Régis Talar dit de Michel : «Son
métier, c'est sa drogue.»