Né le 16 janvier 1919 à Toul. Le fantaisiste Roger
Nicolas, fils d'un employé
de la SNCF, a choisi bien vite les planches et la
voie artistique où il a fait rire la France
entière avec son numéro d'amuseur.
Quand on
lui posait la question de savoir comment pouvait
émaner de lui une telle joie de vivre, Roger
Nicolas cessait soudain de rire et disait,
subitement très sérieux : «
Je reviens d'entre les morts. Alors, j'ai su
apprécier à partir de ce moment ce qu'était le
sens de la vie. Il faut savoir rire, et surtout,
il faut savoir vivre... »
Car Roger
Nicolas aurait dû être rayé de la carte des
vivants le 23 janvier 1943. Ce jour-là, à la
cité de Loos, à Lille, un peloton d'exécution
allemand le fusille. Mais les armes étaient
chargées à blanc. Le choc à bout portant le
laisse cependant inconscient durant de longues
heures. Le commandant du peloton d'exécution
avait été soudoyé, acceptant de tricher avec
la mort. L'agent Nicolas, de l'Intelligence
Service, était sauf. De ce jour, datent vraiment
les talents d'amuseur de cet homme que ses amis
ne devaient plus jamais voir un seul jour triste.
Après
guerre, Roger Nicolas devint à temps complet
chansonnier. Dans la France morose se relevant
des ruines de l'occupation, la radio le rendit
célèbre, ainsi que son célèbre leitmotiv
précédant toujours ses sketches, le fameux «
écoute, écoute, écoute... ».
Le succès
ne le quitte plus. En 1949,
Jackie
Sardou, à l'époque Jackie
Rollin, joue avec lui Baratin
à l'Européen (place Clichy). Un triomphe !
Michel traîne souvent en coulisses lors des
matinées du dimanche... Un beau jour, Roger
Nicolas le prend par la main et l'emmène sur
scène pour saluer, à la fin de la
représentation... A 2 ans, premiers
applaudissements ! Très à l'aise, le bambin se
comporte en vrai professionnel.
Roger
Nicolas fait ensuite crouler de rire le public
des salles obscures. Parmi ses films, Ma
tante d'Honfleur, Le
roi du bla-bla-bla, Jamais
deux sans trois, Le
dernier Robin des bois...
Il décède le 17 août 1977.