
Jacqueline Labbé,
née le 7 avril 1919 dans une mansarde du Concert
Mayol où sa mère
Bagatelle est danseuse. Elle
a failli naître sur scène comme, neuf ans
auparavant, son futur mari Fernand (cf.
Sardounette).
Enfant,
elle traîne dans les coulisses, une habitude de
famille ! A 16 ans, par hasard, elle remplace au
pied levé une danseuse dans un spectacle auquel
participe sa mère et Fernand ! (ce sont les
vacances scolaires). Le virus du spectacle a
encore frappé et malgré l'opposition de maman,
elle choisit la «galère» et court le cachet.
Elle danse un temps au Luna-Park, porte Maillot,
à l'endroit même où sera construit le
Palais
des Congrès, là où, bien des années plus
tard, son fils adoré Michel triomphera ! Elle se
produit sous le nom de Jackie Rollin...
Suivent les années
marathon, les cabarets, les tournages, la course
au cachet... avec deux grands bonheurs : son
mariage avec Fernand Sardou en 1945 et la
naissance de son chef-d'oeuvre, Michel, deux ans
plus tard !
Jackie ne
chôme pas ; en 1960, elle ouvre avec son mari
"Chez Fernand Sardou", cabaret où
ils se produisent après leurs représentations
dans divers théâtres... Fermeture et reprise du
rythme infernal des tournées. Grande fierté
pour Jackie : les débuts de son fils au
music-hall.
A la mort
de Fernand, en 1976, elle est désemparée et se
réfugie dans le travail en changeant de nom...
Exit Jackie Rollin, bonjour Jackie Sardou !
Elle devient
extrêmement populaire, enchaîne au théâtre : Les
femmes savantes de
Molière, N'écoutez pas les
dames de Sacha Guitry et le
triomphe avec Le clan des
veuves de sa copine Ginette
Garcin. Radio : Les grosses
têtes sur RTL, Allô
Jackie sur RMC. Télé :
les chaînes se l'arrachent, L'académie
des 9, Ex
Libris, Surprise
Sur Prise, etc. C'est la
gloire ! A 75 ans, Jackie Sardou obtient un
disque d'or avec un album de chansons populaires,
Le dénicheur,
Le grand frisé,
entre autres.
Jackie
Sardou décède le 2 avril 1998, à 78 ans. Le
lendemain du décès, Michel Sardou décide de ne
pas annuler son récital au Zénith de Nancy : «Le
plus bel hommage que je pouvais rendre à ma
mère, c'était de chanter le mieux possible».
Le 6 avril, pour la bénédiction dans l'église
Saint-Pierre de Neuilly-sur-Seine, Michel Sardou fait venir
de Provence l'abbé Rey qui avait jadis uni
Jackie à Fernand.