Romancier, dialoguiste et
réalisateur français. D'origine Corse, né à Paris le 23 juin
1923, José Giovanni (pseudonyme de Joseph Damiani) se fait dabord
remarquer par des romans noirs inspirés de son
expérience personnelle dans la Résistance et la
pègre parisienne.
Ce début de vie chaotique lui
inspire notamment le roman Le
trou, qui le rendra
célèbre. Jacques Becker l'adapte au cinéma en
1959. Un autre de ses romans, Le deuxième Souffle, est
adapté au cinéma par Jean-Pierre Melville en 1966 et Alain
Corneau en 2007.
Dialoguiste, Giovanni est également
réalisateur: Le Rapace (1968),
Le Gitan (1975),
Le Ruffian
(1983)... Aimant les histoires fortes, il
réalise en 1973 Deux hommes
dans la ville avec Jean
Gabin et Alain Delon, dont le sujet, la
peine de mort, le concerne directement. À 22
ans, il avait en effet été condamné à la
peine capitale. Il raconte cette histoire dans
son livre : Il avait dans le
coeur des jardins introuvables
(Éd. Robert Laffont, 1995) où il rend hommage
à son père, qui trouva la force de lutter,
pendant dix ans, pour larracher à la
guillotine. C'est cette histoire encore qui fera
l'objet de son film Mon
père (2001), oeuvre
extrèmement touchante par ses accents de
sincérité.
En 1991, il fait tourner Michel Sardou dans l'Irlandaise,
un téléfilm pour TF1. Commentaire: «Avec
Sardou, nous nous connaissons depuis vingt ans.
Il a une autorité naturelle. Il parle juste et
c'est surtout un pro. Il n'a pas le défaut
majeur des stars de la chanson qui s'essaient à
la comédie. Il laisse de côté son statut de
star. Je suis rarement tombé sur un acteur aussi
disponible». Beau
compliment !
José Giovanni décède le 24
avril 2004 à Lausanne (Suisse), d'une hémorragie cérébrale. À la
fin de sa vie, il consacrait une partie de son temps à visiter
en prison de jeunes délinquants et à les encourager à se
réinsérer.