Né le 8 juillet 1925 à
Bram, décédé le 18 juin 1993 à Paris. Ecrivain et
journaliste français. Prix Goncourt en 1961 avec La
pitié de Dieu.
Monté
de son Aude natale à Paris, il plongea, une
licence de philo en poche, dans le
Saint-Germain-des-Prés daprès guerre où
lexistentialisme tenait le haut du pavé.
Secrétaire de Jean-Paul Sartre pendant dix ans,
il dépeignit cette période dans un ouvrage
sarcastique : "Livresse
des intellectuels. Whisky, Pastis et
Marxisme" ou il
relate les manies et aveuglements de
lintelligentsia de l'époque : « A
propos de lEspagne franquiste, cette
anecdote : un ami (
) avait effectué
Outre-Pyrénées un saut de puce. Il en revint en
saut arrière. "Dès que jai eu
franchi la frontière, jai vu quils
avaient limmonde culot de signaler les
camps de déportés. Cest
inouï !" Quand je lui appris que Campo
de deportes signifiait "Terrain de
sports", sa déception fut grande. »
Son tempérament cathare et sa liberté
desprit le poussèrent à quitter
léglise sartrienne. Par la suite, il eut
lélégance de ne jamais dénigrer celui
dont il fut le fidèle assistant.
Ses
portraits de Jean Genet, Malraux, Jünger ou la
mort du torero Paquirri, sont autant de chefs
duvres de justesse et de
sensibilité. Celui de Sartre inspirera cet
hommage de Pierre Bénichou dans Le
Nouvel Observateur :
« Je ne sais
toujours pas si le journalisme est un art, mais
si la réponse est oui, alors il aura été notre
Goya. »
Journaliste (il collabora à lExpress,
au Figaro
et à Paris-Match)
et auteur prolixe (plus de quarante ouvrages
parus) dune uvre éclectique
(pamphlets, pièces de théâtre, romans,
nouvelles
), Jean Cau aimait la provocation.
Il clamait dans le vide : « Le
siècle est fou. Fou de lâchetés, de
démissions, de mensonges, dimpostures et
de laideur, et ce quon appelle "crise
de civilisation" nest en vérité que
le refus apeuré de toute hauteur ».
En 1977,
il est ulcéré par la campagne anti-Sardou
après la chanson
Je suis pour, et écrit une
lettre à Michel Sardou dans le Paris-Match du 11
mars : «En vérité, Michel
Sardou, il y a une chose capitale, simple, que
vous n'avez pas comprise. C'est qu'il y a une
contestation à la mode et une autre qui ne l'est
pas... Tout à fait d'accord avec mes copains
gauchistes et belges, je ne vois pas pourquoi je
vous autoriserais à donner votre avis sur la
peine de mort alors que j'approuve tout couplet
célébrant la marijuana, la défonce,... et
autres manières d'exprimer les merveilleuses
passions de la jeunesse. (sic)» Attaques
de gauche, défense de droite, Sardou s'en
moque...
En 1986,
Pierre
Barret et Michel Sardou écrivent
Les routes de
Rome en s'inspirant d'un article
de Jean Cau.